Mon tout premier ouvrage (raté).

Voilà quelques semaines, j’évoquais ici mes premiers essais de couture, de façon autodidacte.

Entre la casse de la machine, l’électricité qui avait sauté, et surtout, surtout, le résultat désastreux né de mon incompétence, j’avais abandonné. Malgré mon livre « pour débutants », malgré beaucoup de bonne volonté, malgré le matériel nécessaire dûment acheté, je ne venais pas à bout de mon patron Burda « Super Easy » (mon oeil…). Le résultat (incomplet) obtenu était aussi improbable qu’importable.

Méconnaissance du droit-fil, du principe de base de l’assemblage endroit sur endroit, faux-plis dans les coutures…
No comment…
Points ultra-irréguliers (mauvais enfilage…) sur un ourlet cousu avant assemblage complet…

Quand je vous disais que je partais de très (très) loin…

J’ai empaqueté mes rêves de couture dans les plis de ma malheureuse jupe, qui m’a suivie (l’espoir aussi) au fil de mes nombreux déménagements.

Avant-hier, à la recherche d’une doublure colorée et lumineuse pour la veste de style Chanel sur laquelle je travaille, j’ai ressorti ma pauvre jupe de son carton. J’ai décousu les pans et la ceinture, soigneusement repassé le tissu… et j’y ai joyeusement taillé les pièces de ma veste. J’ai dû faire un peu de patchwork pour pouvoir tailler mon deuxième dos, et je n’ai pas assez de doublure pour les manches, qui seront donc coupées dans un tissu différent…

Même si ce montage ne sera pas académique, désencombrer (un tout petit peu) ma pile de vêtements à surcycler me met en joie. De même que le fait de donner enfin une vie à ce tissu, mon premier achat de couturière…

Cela ouvre en outre des perspectives pour le sur-cyclage de vêtements de qualité, que j’aimais beaucoup mais ne porte plus car ils sont aujourd’hui trop petits, ou abîmés. Si j’en vends certains, notamment les articles de grande marque, d’autres ne pourront pas être vendus facilement. Je préfère les utiliser pour doubler de nouveaux vêtements, ou pour y couper des pièces: empiècements, cols, corsages, culottes, boxers, mais encore les inévitables lingettes et protège-slips lavables), mais aussi fonds de poche ou parementures. Cela m’évite de racheter des tissus, dont le mode de production n’est pas toujours éco-responsable.

J’en profite pour récupérer, quand c’est possible, les petits consommables: fermetures éclairs, boutons et crochets, col polo, écussons…

Et je fouine dans les vide-greniers et dans les rayons du centre de recyclage, guettant du coin de l’œil le vêtement à mettre en pièces pour lui donner une autre vie.