Robe Givre
Robe Givre

J’ai débuté en couture avec les patrons de magazine. Dès que j’arrivais à la gare avec un peu d’avance, je filais dans le coin « couture » de la maison de la presse et me plongeais dans les revues de couture avec délices, achetant chaque nouveauté dès sa parution.

C’est ainsi que je me suis arraché les cheveux sur les patrons dits « carte routière », de buter sur les explications parfois sommaires (ah, les manchettes de la robe manteau de Belle Mode à Coudre), de pester sur les tailles Burda (chic, le pantalon à pont qu’il a fallu démonter, décalquer de nouveau, retailler, remonter…).

Puis j’ai découvert la Maison Victor, ses patrons clairs, ses instructions de montage détaillées et photographiées… et son tableau des tailles un peu bizarre (ah, la jupe qui devait être coupée en 44, que j’ai finalement coupée en 40 après avoir mesuré les pièces, et qui reste encore trop grande… ah, la veste cousue avec amour pour Petit Filleul selon les indications du magazine, finalement assez grande pour moi…).

Je connaissais vaguement les patrons pochettes (Burda « esay », mon premier patron, datant de mes premiers pas de couturière… celui qui a débouché sur la mort de ma machine à coudre), mais l’idée de compulser un gros catalogue, puis de chercher la pochette dans un grand tiroir ou de la demander à une vendeuse pressée de chez Mondial Tissu me rebutait.

Et puis j’ai découvert les blogueurs couture, dont j’écumais joyeusement les sites pendant ma pause-déjeuner. Grâce à eux, j’ai découvert l’univers des créateurs de patrons indépendants.

C’est ainsi qu’à force de lire les articles d’Elodie, et de voir ses photos, je me suis décidée à commander quelques patrons chez Deer and Doe. Elodie et plusieurs autres blogueuses étaient très positives quant à la clarté des patrons et des instructions de montage. Je trouvais les réalisations visibles en ligne, jolies et seyantes pour des morphologies en sablier comme la mienne. Enfin, j’ai aimé voir, sur le site de la marque, leurs créations portées par des modèles de différentes tailles.

A réception de mes patrons, j’ai entrepris de coudre Givre avec une chute de jersey et un vieux polo Lacoste troué de mon mari.

Ma petite robe ayant rencontré un grand succès, Givre fait désormais partie des classiques de ma garde-robe. Comme ma première commence à être un peu fatiguée (le polo Lacoste grisaille et se ramollit), j’en ai fait une copie, car je suis séduite par l’esprit marin du bleu marine associé à des rayures bleu marine et blanc.

Tissu

Ce patron est destiné à des tissus extensibles. Je choisis des jerseys épais pour les versions hiver à manches longues, des jerseys plus légers pour les versions été, voire des scuba. Pour ce modèle, j’ai coupé le corps de la robe dans un restant de coupon de jersey de polyester bleu marine à 15 EUR les trois mètres des coupons de Saint-Pierre. Pour économiser le tissu, je ne coupe pas le dos au pli, mais en deux avec une marge de couture de 0,7 cm. Les empiècements dos et poitrine ont été coupés dans un mètre de jersey rayé de chez Mondial Tissu, acheté en solde pour environ 8 EUR le mètre. Il me reste je pense plus de la moitié du coupon. Ce jersey-ci est plus mou que le jersey uni, l’assemblage a été un peu malaisé malgré l’emploi de la surjeteuse.

Patron

Comme indiqué au début de cet article, j’ai utilisé le patron Givre de Deer and Doe, en version pochette, que j’ai décalqué en 44. Le patron pochette va du 34 au 46. Le patron PDF va jusqu’au 52.

Le patron pochette coûte 14 EUR, le patron PDF, 11 EUR.

Le patron est si bien dessiné que l’assemblage des pièces se fait quasiment sans les repères de couture, et le seyant est impeccable.

Le papier utilisé pour le patron pochette de de très bonne qualité, épais et lumineux.

Par ailleurs, pour faire partie des testeurs de la marque, j’ai eu un aperçu du gros travail de test qui est fait avant le lancement d’un patron.

En résumé, je trouve le prix très raisonnable par rapport à la qualité du patron, à sa versatilité, et à l’usage répété que j’en fait.

Modifications

J’ai creusé l’encolure de la robe, et accentué l’effet cintré à la taille.

J’ai fait un ourlet surjetté, en utilisant un fil mousse dans le boucleur supérieur de ma Babylock.

J’ai également rajouté des bracelets de manche, c’est une finition que j’aime beaucoup pour les robes et hauts en jersey.

Coût de revient et Cost Per Wear

J’évalue le coût total de matériel pour cette robe à une dizaine d’euros, hors coût du patron.
Comme j’ai terminé cette robe dimanche, je ne l’ai portée qu’une fois. Néanmoins, connaissant mes habitudes, je pense la porter une fois par semaine, ce qui réduira très vite le CPW à quelques centimes puisque cette version est portable tout au long de l’année (avec un gilet ou une veste en hiver).

Seyant / portabilité – 100%

Je suis une inconditionnelle de ce modèle, que j’ai déjà réalisé au moins sept ou fois, en version été, hiver, et demi-saison.

Givre se porte du soir au matin, au bureau, au restau, en soirée…

Elle épouse joyeusement blazer, foulard et escarpins, perfecto et ballerines, collier de perle et bottes de moto. Portée, lavée, séchée… portée! Repassage? Connais pas…

Je la roule façon Konmari pour la glisser dans un sac de voyage, je lui rallonge les manches pour l’hiver, je la couds en débardeur pour l’été, manches trois-quarts pour la mi-saison et les complexées du triceps.

Je la rallonge sous le genou pour mon amie V, je creuse son encolure, je lui rajoute des bracelets de manche, je joue avec les empiècements… je la couds en débardeur, en mini robe, unie, à rayures, bicolore ou color block. La Givre se prête à toutes mes fantaisies de femme active, qui aime être libre de ses mouvements et s’habiller en deux minutes.

Un grand merci à …

Karla dont les jolies photos me permettent de vous montrer ma robe…
Mon mari pour avoir posé avec moi…
Nos amis V. et H. chez qui les photos ont été prises.