Confortablement installée sur le canapé tout à l’heure, je relisais en savourant mon thé l’article de Delihcat, la fille aux chats, dans lequel elle évoque la naissance de son amour des chats.

Et je suis demandé, à la lire, d’où me venait, à moi, cette étincelle qui me pousse à parler à tous les chats que je rencontre (y compris à ceux qui préfèrent se faufiler dans un buisson plutôt que de me répondre), à passer une bonne partie d’un moment en famille ou entre collègues pour cajoler un matou inconnu au lieu de socialiser avec les humains, et à vouloir adopter à peu près tous les moustachus dont je croise le regard sur les annonces de SOS Moustaches, que je soutiens financièrement depuis l’an passé.

Un chien sinon rien…

Je viens d’une famille à chiens. J’ai été nourrie de l’affection de caniches fripons, des caresses de labradors au cœur tendre, j’ai ri des exploits d’un braque aussi beau que branque, savouré la gentillesse d’un berger allemand amateur de rillettes. Le départ de chacun d’eux m’a fait un bleu au coeur, laissant un vide qu’aucun autre n’aura comblé.

Adulte et indépendante, je rêvais qu’un petit bâtard hirsute aux yeux de chocolat fondu vienne partager ma vie. Je l’aurais appelé Arsène, il m’aurait suivi au bureau où il se serait couché dans un coin tranquille, et nous aurions partagé ensemble promenades à travers bois et câlins interminables.

C’était sans compter la fin de non-recevoir de mon employeur pour emmener un chien tous les jours au bureau, les longues journées hors de la maison… après avoir étudié en long et en large le système de la litière pour toutou d’intérieur et visité plusieurs refuges à la recherche d’un chien de manchon qui s’accommoderait joyeusement de nos horaires à rallonge, j’ai alors murmuré à mon mari qui vient d’une famille « mixte » (comprendre: à chiens, à chats, tout à la fois): « et pourquoi pas… un chat? ».

Comme ci, comme chat…

Un chat, donc… en bonne autodidacte, j’ai entrepris d’écumer les sources d’information en ligne parlant des petits félins domestiques. Tout y est passé: l’Educhateur, les groupes Facebook d’amis des chats, d’éducation féline… jusuq’à ce que, hasard ou coïncidence, nous tombions sur une publication Facebook d’une connaissance qui venait de recueillir trois moustachus orphelins.

Discussion, rencontre, coup de coeur, engagement.

Panique.

La vraie panique.

« Chéri?
-Oui, chérie?
-Et si nos chats ne m’aiment pas?
-Pourquoi ils ne t’aimeraient pas? »

« Chéri?
-Oui, chérie?
-Et s’ils font pipi partout? Ne vont pas dans leur caisse? Vandalisent le tapis et le canapé, font caca dans notre lite, et s’ils ME détestent??? »

« Chéri?
-Oui, chérie?
-Et s’ils font leurs griffes partout et nous saccagent l’appartement? Et si ça sent le pipi de chat partout chez nous? Et s’ils font de notre vie un enfer??? »

Je me souviens encore d’une nuit blanche à imaginer toutes les catastrophes que les matous allaient bien pouvoir causer chez nous.

Et d’une lettre éplorée écrite à mon amie lui expliquant que j’avais fait la plus grosse erreur de ma vie en m’engageant à servir de famille à ces boules de poils (que j’en venais à imaginer comme des Gremlins mouillés après minuit).

Et puis l’amour

Je me souviens enfin de mon mari qui rentre un soir, tenant avec précautions une caisse en plastique à bout de bras.

Je me souviens des petits piaillements qui émanaient de cette caisse.

Je me souviens de ces boules duveteuses qui sont venus trébucher sous nos yeux émus.

Et puis, l’amour.