J’attends des mes vêtements qu’ils soient pratiques, confortables, classiques “avec un twist”, et indémodables. Au panthéon de mes désirs, il y avait, il y a, une petite robe noire, un rang de perles, un foulard Hermès, une paire de souliers bicolores ornés du fameux double C… et la veste Chanel.

J’ai commencé la couture pour – entre autres – m’affranchir des diktats de la mode et des cabines d’essayage. Mais aussi par envie de cette veste Chanel, dont le prix oscille de 5 000 EUR en version prêt-à-porter, jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’euros pour un modèle sur mesure aux riches ornements.

Après une année d’apprentissage assidu autant qu’appliqué, après quatre ans bientôt de pratique régulière, après avoir maîtrisé le pantalon, le manteau, et les petites culottes, la veste de style Chanel se rapproche.

J’ai commencé par une formation en ligne, censée remplacer, pour une somme modeste, un atelier d’une semaine en Hollande. Làs, hormis le patron et les instructions, le suivi était à peu près inexistant, notamment pour les ajustements de patron. J’ai quand même cousu une toile, puis ébauché une première veste assez moyenne (et toujours pas terminée). Le troisième essai est en cours, en jersey, avec une doublure prêt-à-porter classique, pour composer, avec une très jolie jupe Brume (patron Deer & Doe), un tailleur d’automne.

L’universitaire en moi a repris le dessus cet été. J’ai écumé le Net pour trouver des patrons, des ressources vidéos, de la documentation. Sélectionné avec soin des matériaux nobles. Commandé différents patrons à conjuguer pour être sûre d’avoir l’ajustement parfait, différents types d’instructions, différentes variantes de modèle également. Les livres de Claire Schaeffer, papesse de la veste “type Chanel”, sont en route vers la maison – ou déjà arrivés. J’ai trouvé fort peu de ressources francophones sur la confection d’une telle veste. Une couturière québécoise a consacré un énorme travail à une série de vidéos YouTube (gratuites!) sur le thème, d’excellente qualité (et le parler québécois… la cerise sur le gâteau, un vrai bonheur).

Les ressources anglophones sont, elles, très complètes, à commencer par un cours peu onéreux mais d’excellente réputation sur Craftsy. Malheureusement les avis d’utilisateurs sont très mauvais depuis la réouverture du site. Je me suis donc abstenue.

Le cours vidéo de Susan Khalje m’a également fait de l’oeil – à près de 200 EUR le cours, j’ai passé mon tour.

Après moultes lectures et recherches, je me suis décidée pour les patrons et les livres de Claire Schaeffer. Les patrons sont publiés chez Vogue, les livres peuvent être trouvés sur Amazon. Ce sont des ressources aisées à trouver, d’excellente réputation d’après les blogs anglophones que j’ai pu consulter.

Le temps de travail estimé va de 70 à 100 heures. Etant une couturière lente, peu familière encore de la couture à la main et des techniques tailleur, j’estime que ma veste me coûtera entre 130 et 150 heures de travail, du premier décalquage du patron au résultat final. Je tiendrai un compte afin de mieux apprécier le temps consacré à ce vêtement.

J’ai sélectionné pour cette veste un tweed rouge vendu chez les Tissus Cardailhac, une doublure en gazar de soie venant des Coupons Saint-Pierre, et une triplure en organza de soie venant de chez My Little Coupons. La chaîne intérieure sera couleur or rose. Je l’utiliserai également pour composer les bordures décoratives, associée à du tweed rouge et à un voile rose poudre. Ma mère m’a offert les superbes boutons bijoux qui seront posés sur les fentes des manches. Les fils à coudre ont été choisis avec grand soin pour que le quiltage soit invisible, noyé dans le tweed. Il me manque à trouver le fil de soie pour broder les boutonnières à la main – à moins que l’un des fils de broderie ou d’extra-fort que j’ai dans ma trousse ne puisse le remplacer.

Je prévois d’attaquer ma veste d’ici la fin septembre – le temps de terminer mon tailleur en jersey, et d’y travailler par petites étapes afin que le travail ne devienne pas un pensum. Entre chaque étape, je coudrai un projet “zone de confort” qui me permettra également de compléter ma garde-robe d’automne-hiver.

A bientôt pour un nouveau billet consacré à ma veste “style Chanel”.